Archive pour la catégorie ‘botaniculture’

Je ne veux surtout pas me prétendre docteur ou guérisseur ou faire la promotion de la médecine. Cet article se veut qu’une référence des usages en herboristerie de nos premiers peuples.
N’essayez pas ces plantes comme ‘remède’, à moins que vous soyez un herboriste qualifié qui connaît ces plantes indigènes par le nom latin, seul moyen de ne pas se tromper de plante!

Caulophyllum thalictroides

Gaultheria procumbens – le petit thé des bois

Voici le tableau des
usages amérindiens de nos plantes indigènes.

Cornus canadensis
ou
Quatre-Temps

Mitchella repens

Le trille

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ADIANTUM PEDATUM
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Pour le plein écran, cliquez sur la photo

Cette série d’articles permet de jeter un peu de lumière sur la germination des plantes indigènes du Québec principalement, mais aussi de l’Ontario et du Canada.

Les informations présentées sont destinées à l’initié du jardinage et de la propagation des plantes; la méthodologie de techniques de base n’est pas présentée.Des milliers de tests ont été faits depuis 1982.

La plupart de ces tests ont été faits en dehors de la nature, i.e. en laboratoire, sauf ou l’on mentionne ‘en nature’; c’est pourquoi le fait d’exécuter ces tests au Québec a peu d’importance, le but étant de trouver une méthode de germination plus fiable qu’en nature ou l’on a pas de contrôle sur la germination. D’autre part, nos conditions  de germination ‘en laboratoire’ deviennent une source alternative de réhabilitation d’une espèce menacée. Pour cette raison, il reste beaucoup à découvrir sur la conservation des graines d’espèces en péril.

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Arisaema triphyllum - germination


(Ce petit article s’adresse aux jardiniers initiés pour qui  la méthodologie et le protocole du semis  sont connus. Comme pour toutes les plantes indigènes, les soins adéquats apportés au graines de la période de la récolte au moment du semis sont le gage de la réussite.)


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Tout commence par les semences!

Vers octobre , les graines mûres sont  réunies en infrutescence que l’on peut appeler ‘épi’ !


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Voici des semences une fois nettoyées

Chaque baie contient généralement 2 semences qui ressemblent étrangement à son corme (tubercule). Lors de l’égrainage de son épi, il ne faut garder que les semences viables, généralement plus grosses quand on les roule entre 2 doigts. Si la saison à été bonne, il n’est pas rare d’obtenir un compte de 70 semences par épi.



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Voici un semis fait à l’automne que je recouvre de sable!

(Pour moi, l’enlèvement de la pulpe autour de la graine  est facultatif: pour cette espèce, je ne vois pas de différence dans les résultats de germination entre les graines semées avec leur chair et les graines nettoyées de leur chair puisqu’au moment ou je sème (un mois après la récolte, le liquide et la chair contenus dans chaque baie s’est comme évaporée.)
Lorsque, à la récolte, vous séparez chaque graine de sa chair  (albumen blanc), assurez-vous de porter des gants car vous pourriez être allergique au liquide contenu dans la chair autour de la graine.


Je sème souvent sur une plate-bande élevée et extérieure: le sol étant souvent le sol indigène ou il aime pousser. Je recouvre les graines de sable grossier ou de petit gravier (1-5mm de diamètre), ce matériel agissant comme scarificateur de l’enveloppe de la semence lors des gels et dégels du printemps.

J’imite ainsi la nature car vous devez avoir fait l’observation suivante: il y a beaucoup de semis naturels le long d’un ruisseau qui a débordé de ses berges au printemps. Beaucoup de graines et de sable se retrouve aux abords d’une coulée d’eau.. (ceci est aussi typique pour l’Asarum et l’Uvularia). Je recouvre les graines de sable ou de gravier. J’ai commencé cette technique lorsque j’ai remarqué les plus grosses populations de semis d’Arisaema aux endroits ou l‘eau a débordé après la fonte des neiges.

Le semis (regroupement de graines semées) passe l’hiver sous la neige. Je place sur ce semis un moustiquaire de porte surtout pour ralentir les dégâts que peut causer une pluie forte; en même temps, j’interdis aux  oiseaux   l’accès au graines.

Les semences d’Arisaema triphyllum ne sont pas éphémères comme c’est le cas pour la Sanguinaria, Dicentra, Corydalis, … qui ne doivent pas sécher avant le semis;  vous pouvez donc les laisser sécher  et entreposer à la température de la pièce. Si on les sèment et qu’elles ne lèvent pas en moins d’un an,  elles resteront vivantes dans le sol pour au moins 3 ans car j’ai fait à quelques reprises le décompte des graines  en tamisant la terre dans laquelle elles ont été semées: les résultats indiquent que le compte est le même avec un écart d’environ 5% à la fin des 3 ans qu’au moment du semis,  écart qui peut-être attribué à la viabilité de la semence au moment de l’échantillonnage ou que quelques graines ont été mangées.



Le printemps suivant le semis, observez la première feuille percer à travers le sable.

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Le semis à l’intérieur est aussi facile. Laissées en rebord d’une fenêtre à la température de la pièce, les graines germent en 1-2 mois.

Semis dense de la  mi-novembre perçant le février suivant.

Notez que les semis près de la lumière se développent plus rapidement.


Vers juillet-août, je repique les semis dans un plateau de multicellules que j’enterre au 3/4 avec du sol natif.


Certaines cellules ne contiennent qu’une graine avec une racine; c’est pourquoi on ne voit pas une feuille par alvéole.



Au deuxième printemps, on reconnait la feuille entière.



Regardez de près: certaines cellules contiennent des petits semis qui ont pris 2 ans à germer.

Lors d’une bonne saison pour la croissance optimale de l’Arisaema, c’est-à-dire, une bonne fécondation de tous les ovules, une saison productive, la maturation de toutes les graines,  une récolte au meilleur moment, un nettoyage adéquat des graines suivi d’un entreposage adéquat, un semis bien fait, … je pense  que les graines semées germeront en 1 à 2 ans à un taux frôlant le 100%. Lors qu’on lit dans la littérature qu’un taux maximal de germination atteint rarement 70%, on peut en déduire que la méthodologie du semis n’est pas selon un protocole ‘imitant la nature’ ou que l’expérimentation a été faite en serre ou d’une façon qui n’imite pas à 100% le processus naturel.


De façon générale, les graines de l’arisème germent sans aide: comme exemple,  lorsque j’oublie  de ramasser un épi de graines à l’automne, je retrouve au dessus de 60 petits semis autour du plant-mère le printemps suivant.

La mort ou la fonte de jeunes semis: il est faux de prétendre que les jeunes semis meurent plus facilement que les semis plus agés. J’ai suivi des semis pendant 4 ans pour réaliser que le compte est le même qu’au départ.  Cette observation trompeuse vient du fait qu’un jeune semis peut entrer en dormance ,  sa feuille disparaissant, sous l’effet d’un stress plus vite qu’un semis plus vieux. Les causes de stress sont nombreuses: manque d’eau, feuille mangée par la faune, … au bout de la ligne, la corme sous la surface du sol est toujours vivante puisqu’on l’observera avec une feuille la saison suivante.
Une bonne circulation d’air autour des plantules et plants adultes est essentielle pour éviter qu’une rouille de couleur orange s’installe. Pour prévenir cette condition qui affecterait la culture de l’arisème, j’applique 2 techniques:
je coupe et fait disparaître la partie infectée de la plante peu importe le stade de développement car je sais que la corme émergera avec une feuille la saison suivante. Une fois la partie infectée enlevée, je vaporise le restant de la plante et le sol autour avec de l’alcool à 70%.
- Par prévention, je plonge les semences dans cet alcool au moment du semis. Je fais de même avec les  semis germés lors de leur transplantation.




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Voici d’autres photos prises lors de 22 ans de recherche sur l’arisème..

une semaine après la sortie du sol, le feuillage verdira




Remarquez la densité des semis (2-3 ans) laissés par le débordement d’une coulée d’eau au printemps.

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QUELQUES RÉSULTATS DE GERMINATION:

Quoique j’ai fait des dizaines de semis, je n’ai compilé que quelques résultats.
5 semis ont reçu un traitement au froid (stratification simple). Ils ont été soumis respectivement 12, 20, 20, 20 et 20 semaines de froid à des températures oscillant entre -10°C et + 5°C: les résultats sont les suivants: 98, 200, 187, 190 et 198 jours. Le premier résultat qui a été soumis à 98 jours de froid germe après 14 jours après qu’il fut transféré au chaud à 20°C.
D’autre part, les semis qui n’ont pas subi une période de froid germèrent respectivement après 88 et 56 jours à une température oscillant entre 18° et 23°C,

La présence de la lumière durant le jour facilite  la germination. Les semis qui ont reçu la lumière pendant le jour et la noirceur pour la nuit ont mieux germé  que ceux qui recevait soit de la lumière constante ou de la noirceur en tout temps.



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A part le semis de l’arisème, je pratique une autre méthode de propagation: l’incision basale

cotation: L’université du North Dakota décrit cette méthode comme suit:


Scoring can be done by making three v-shaped cuts through the basal plate creating six pie-shaped sections. These cuts will destroy the main growing point and should reach just below the widest point of the bulb. The bulbs can be placed in a warm, dark place at high humidity for a few months. Scoring will produce 12-25 bulblets from the mother bulb. The bulblets can be planted in the fall and should sprout in spring. It usually takes scored bulblets 3 years to reach a good size bulb and flower.

Dessin par:  University of North Dakota

Scarifier par incision: Je pratique une variante de cette technique: au lieu de scarifier ou d’enlever le dessus du tubercule, je fais une incision en dessous, sur toute sa longueur et à une profondeur de 1-3mm de la surface.



Résultats: le printemps suivant (le 20 avril en zone 4), des tiges pointent.

2 semaines plus tard, les tiges se développent.

Notez qu’à partir de 12 cormes scarifiées, on obtient immédiatement 16 tiges. 4 autres tiges se développeront au cours de l’été, portant le compte à 20 tiges pour 12 cormes scarifiées.







Voici un Arisaema triphyllum à 2 tiges.
Notez qu’à partir de 12 cormes scarifiées, on obtient immédiatement 16 tiges. 4 autres tiges se développeront au cours de l’été, portant le compte à 20 tiges pour 12 cormes scarifiés.





Voici un Arisaema triphyllum à 2 tiges.


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LE FORÇAGE D’INTÉRIEUR


Pour préparer un plaisir des fêtes de Noël, empotez des cormes vers août ou septembre et gardez les au frais (-4°C to +5°C) – ou tout simplement dans la neige lorsqu’elle arrive. Autour du 10 de décembre, amenez le pot au chaud à 20-25°C. Voici un beau cadeau en fleur que vous vous faites.





(Si vous sortez de terre les cormes en été, et que vous les gardez au sec sur une tablette, un peu comme pour la tulipe, empotez les le premier de décembre pour obtenir le même résultat. N’utilisez que les cormes ayant un diamètre d’au moins 3/4 de pouce ou près de 2 cm.)

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Arisaema – Jack-in-the-pulpit
– petit prêcheur

(Also called, depending where you live in North America: Arum, Bog Onion, Cuckoo Flower, Indian Almond, Indian Turnip, Little Pulpit,Lords-and-ladies, Marsh Pepper, Meadow turnip, Pepper Turnip, Priest’s Pentle, Starchwort,Three-leaved arum, Wild pepper, Wild turnip, Wood Pulpit)
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All started with seeds!

Seed stems as seen in October.

seed cleanup

Each berry contains usually 2 seeds.
The seeds out of the pulp resemble closely to its corms!
In cleaning the seeds from the spike, you may find dud seeds (empty); keep only the good bigger seeds.
In our nature-imitating environnement, the average number of seeds per stem is over 70.

Outside sowing in a prepared bed.
I keep the pulp because the seeds will be covered by sand.
(For me, the removal of pulp for this species has no effect on germination since I do not see difference in the germination results between the ones sown with the flesh and the ones sown without flesh.

When available, I sow the seeds, as they are (with pulp), in a prepared raised bed. Notice that I use sand or small gravel on top of seeds. This detail is more important with other natives that required seed coat scarifying. This way (sand surronding seed coat), I apply my observations from nature where you can notice that the biggest polulations of Arisaema seedlings are often along a stream from which the sand eroded. The Fall buried seed spend all winter under snow. (overwinter sowing).I often place a door screen over the sowing, mainly to slow the erosion effects of sudden heavy rain; also useful to restrain seed-eating birds and other critters.
Seeds are not ephemereal; you can keep them on the shelves or will stay in the ground until the condition for germination are present; at the plafce where I have sown, I have screen the soil 3 years later and the count of germinated plants and ungerminated seeds total the number of sown seeds, more or less 5%. The missing seeds can be attributed to many reasons, empty seed at sowing, eaten, …

You can see the sand from which emerge seedlings the next spring.
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Though I place the sown seeds in the cold outside, you can sow inside at room temperature on the windowsill.

This heavy sowing in cells germinated after spending all winter in the snow, (last November 14th sowing).

Notice that the cells of the south side (background) are germinating faster that the ones on the north side (foreground).

When the seedlings are strong enough to be transplanted (July or August, the before the stem disappears), i place them in a flat that I bury the base in a bed:

Seedlings in July, freshly transplanted, sown last Fall. 3/4 of the flat is buried in native soil.
Some seeds germinate by sending a little root underground and a leaf will spring only on the second year.

The second year, still in flats.

Note that some seedlings are smaller and less robust.

When the season has been optimal for the Arisaema, I mean ovule feconcation, growing season, maturation, right collecting, right conservation, good seed management, correct sowing, … I would say that near 100% of seeds will germinate in a year or two. In the litterature, those who reported less than 70% germination has not followed a ‘natural-like’ protocol or, their experimention has occured in a greenhouse or similar place that do not fully imitate nature.
Arisaema seeds germinates readily without help: it happened that I forgot outside a seed spike in the Fall and the seeds germinate around the mother plant, at least 60 new plants sometimes.
Dead seedlings: It is false to think that young seedlings will die more than older seedlings; my results indicated that 4 years after sowing the seedling count is the same. This is explained by the fact that the younger seedling will go dormant (leaf disappears but the corm is still undeground) more often under a stress (lack of water, leaf eaten by fauna, …)
Good circulation of air is necessary to prevent an orange rust on the leaves. Although I have seed rust on some other plant, it is not enough to discard plants since I practice 2 things:
- cut the infected leaves even in growing season, the corm may send healthy foliage. I spray 70% alcohol over the place.
- I soak or spray alcohol over the seeds at sowing time, over the germinated seedlings when transplanting,

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Other pictures taken in the 22-years research process.

a week later:

Seeds or seedlings carried outside a creek bed by spring flooding.

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SOME SEED SOWING RESULTS

5 sowing were submitted to cold treatments:
respectively 12, 20, 20, 20 and 20 weeks at temperature oscillating between -10C et + 5C
these 5 sowing germinated respectively in 98, 200, 187, 190 and 198
Note that the first sample germinated 14 days after it was brought to warm: 20C
Direct sowing and keeping the sowings at 20C, without a period of cold, gaves these results:
88 and 56 days.

The presence of light in the day has no effect on the results. But the seeds that receive alternating daylight and dark at night germinate better than seeds which were kept constantly in the dark or constantly in the light.

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In addition to Arisaema seed sowing, I practiced ‘corm simple scoring’

Quote: The North Dakota State University described scoring as follows:

Scoring: Scoring can be done by making three v-shaped cuts through the basal plate creating six pie-shaped sections. These cuts will destroy the main growing point and should reach just below the widest point of the bulb. The bulbs can be placed in a warm, dark place at high humidity for a few months. Scoring will produce 12-25 bulblets from the mother bulb. The bulblets can be planted in the fall and should sprout in spring. It usually takes scored bulblets 3 years to reach a good size bulb and flower.

Drawing by  University of North Dakota
By simple scoring, I mean gentle but definitive scars lengthwise in 1-3mm deep below the surface. I am not practicing, coring, slicing, scooping or sectioning, I do practice the bottom scoring in which I do not take off the growing point, but I scar the bottom of a corm provoking more and  bigger shoots

Next Spring, on April 20th (zone 5), previous Fall scored corms are sprouting.

A week later, some 2-stems appeared:

Out of 12 scored corms, 16 are sprouting in Spring, though 4 more will shoots during summer.

Here is an adult 2-stems Arisaema.

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FORCING INDOORS
Just for the pleasure, by August and September, pot some corms together and place them in a cold place (-4C to +5C) – or in the snow if you have it. By December 10th, bring the pot indoors at 20-25C. And enjoyed the bloom by Christmas:


So watch these coming out!
(Another way is to store the corms in a cool place until the first of December.
Then pot the corms and keep at warm temperature.)
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